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Jean Campagna

Jean Campagna

M 1832 - 1925  (92 ans)

Information Personnelle    |    Médias    |    Notes    |    Tous    |    PDF

  • ID personne I1301590  Principal
    Nom Jean Campagna 
    Sexe
    Naissance 8 mars 1832  Paroisse St-Isidore, St-Isidore, Dorchester Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Baptisé (SDJ) 9 mars 1832  Paroisse St-Gervais et St-Protais, St-Gervais, co. Bellechasse Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Décès 6 jan 1925  Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Sépulture 8 jan 1925  Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 

    Père Étienne Campagna 
    Mère Marguerite Fournier 
    Mariage 9 fév 1826  Paroisse St-Gervais et St-Protais, St-Gervais, co. Bellechasse Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    ID Famille F20003849  Feuille familiale  |  Tableau familial

    Famille Éléonore Boisjoli,   n. 29 jan 1831, Paroisse La Nativité-de-Notre-Dame, Beauport, co. Québec Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu,   d. 20 nov 1897, Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 66 ans) 
    Mariage 11 jan 1853  Paroisse St-Norbert, Norbertville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Enfants 
    +1. Delphis "Adolphe" Campagna  n. 31 déc 1853Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 5 fév 1917Paroisse St-Camille, St-Camille, co. Wolfe Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 63 ans)
    +2. Philéas (Pierre ) Campagna  n. 28 août 1855Paroisse St-Norbert, Norbertville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 9 déc 1917Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 62 ans)
     3. Jacques Campagna  n. 9 sept 1857Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 12 oct 1858Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 1 ans)
     4. Jacques "Napoléon" Campagna  n. 22 mai 1859Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 10 juin 1919Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 60 ans)
     5. Nazaire (Jacques) Campagna  n. 2 oct 1860Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 12 mai 1870Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 9 ans)
    +6. Dalvina (Marie) Campagna  n. 23 sept 1862Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 10 avr 1924Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 61 ans)
    +7. Octavie (Marie) Campagna  n. 11 jan 1865Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 10 avr 1940Paroisse St-Christophe d'Arthabaska, Victoriaville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 75 ans)
     8. Arbani "Albani" (Marie) Campagna  n. 13 déc 1866Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 1943  (âge 76 ans)
     9. Ide (Marie) Campagna  n. 20 juin 1868Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 3 déc 1942Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 74 ans)
     10. Rébecca (Marie) Campagna  n. 16 juil 1870Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 15 mai 1947Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 76 ans)
    +11. Trefflé Campagna  n. 10 août 1873Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  d. 25 sept 1943Paroisse St-Paul-de-Chester, Chesterville, co. Arthabaska Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (âge 70 ans)
    Dernière modif. 15 fév 2016 
    ID Famille F1300674  Feuille familiale  |  Tableau familial

  • Pierres tombales
    Campagna
    Campagna
    Jean 1832 - 1926 Napoléon 1858 - 1919 Ide 1869 - 1942 Albanie 1866 - 1949

    Trefflé 1873 - 1943 Éliza Dancause 1875 - 1955
    Roméo 1913 - 1915 Jean-Marie 1915

  • Notes 
    • JEAN CAMPAGNA

      Jean est le fils d'Etienne Campagna et de Marguerite Fournier, né le 8 mars 1832, baptisé le lendemain en l'église de St-Gervais de Bellechasse. 4e enfant de la famille.
      "Le neuf mars mil huit cent trente-deux, nous prêtre vicaire soussigné avons baptisé Jean Campagna, né la veille, fils légitime du mariage d'Etienne Campagna cultivateur et de Marguerite Fournier de cette paroisse. Parrain François Talbot, marraine: Josephte Leclerc de cette paroisse. H. Drolet, Ptre Vicaire."

      Il n’y avait pas d'école du rang dans ce temps-là, mais sa mère lui fait apprendre le petit catéchisme, ses prières et à compter. Lorsqu'il gardait la maison le dimanche, il aimait chanter les chants religieux tels le Gloria, le Credo, l'Agnus Dei, etc. A six ans, il soigne les animaux de la ferme et rentre le bois à chauffage. Plus tard, il rentre les vaches, aide aux labours, rentrer le foin, bâtir des clôtures. A 12 ans, il manie la hache et la faux à côté de son père Etienne et de son grand-père Jean-Baptiste. En juin 1850, ses parents et tous les enfants quittent St-Gervais pour aller rejoindre le fils aîné Etienne (marié à Perpétue Morin) à St-Norbert d'Arthabaska. Jean avait alors 18 ans.

      Au mois de septembre 1852, des arpenteurs du gouvernement viennent tirer les lignes sur les terres de la Couronne, devenues aujourd'hui le township de Chester, à quelques 14 milles de St-Norbert. Jean se choisit une terre, dans le 7e rang de St-Paul. Ce n'est que le 28 février 1855 qu'il solde avec la Reine Victoria pour la somme de cinq dollars. (Ce 5$ il le reçut de la vente de 50 livres de potasse à Richmond). Pas de contrat, seulement un reçu qu'il ne fallait pas perdre. La terre lui avait coûté 20 sous l'acre et représentait la moitié du lot numéro 16 dans le 7e rang. Il fut le premier à s'établir dans ce rang.

      Un acte du notaire Théophile Côté spécifie que le 27 janvier 1870, Jean vend la moitié de son lot à son frère Jacques. Jacques aide son frère Jean à se construire une maison en bois rond durant l’année 1852.
      Le 11 janvier 1853, il épouse Eléonore Boisjoli, fille de Jérémie Boisjoli et Olive Binette, soeur de Caroline qui épousera Jacques, son frère. Le mariage a lieu à St-Norbert d’Arthabaska.

      "Le onze janvier mil huit cent cinquante-trois après la publication de trois bans de mariage faite au prône de nos messes paroissiales par trois dimanches consécutifs ainsi qu'au prône des messes de St-Christophe comme il appert par le certificat de messire. Ph. Suzor, curé de cette paroisse, entre Jean Campagna domicilié à St-Christophe, fils mineur d'Etienne Campagna et de Marguerite Fournier ses parents de cette paroisse d'une part; et Eléonore Boisjoli fille majeure de Jérémie Boisjoli et de Olive Binette de cette paroisse d'autre part; ne s'étant présenté aucun empêchement et de l'agrément des parents, nous prêtre soussigné avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence d'Etienne Campagna, père de l'époux et de Jérémie Boisjoli, père de l'épouse et de Prosper Lanois et d'un grand nombre d'amis et de parents. P. de Villiers, ptre"

      Le voyage de noces se fait en traîneau de St-Norbert à St-Paul. Ils attellent le bœuf qu’Éléonore a reçu en cadeau de noces. Sur le traîneau, un poêle à pont, des hardes, des couvertures de laine, des victuailles. Le pauvre boeuf, on le tua pour le manger, car il s’ennuyait. Ils s’installent sur le rang qui portera un jour son nom, dans les belles montagnes de St-Paul de Chester. Ils ont onze enfants: Delphis (Elzire Boutin), Philéas (Alix Genest-Labarre), Jacques, Napoléon, Nazaire, Delvina (Narcisse Gagné), Octavie (Pierre Dancause), Albanie, Ide, Rébecca (Jean-Baptiste Couture),Trefflé (Éliza Dancause).

      Jean se construit une maison en bois rond au printemps 1853. Jacques et lui défrichent la terre; la forêt reculait régulièrement. L'arbre était brûlé sur place et la cendre était transformée en potasse que Jean allait vendre à Victoriaville, Arthabaska, Richmond. Il s'y rendait à pied. C'est à l'occasion de l'un de ces voyages à Richmond (35 milles) qu'il se fait engagé par la compagnie de chemin de fer "Grand Tronc". Il travaille à la construction de la voie ferrée pendant un mois à raison de 35 sous par jour.

      Jean et ses fils inaugurent en 1870 son moulin à bardeaux. C'est là qu'il fait une fausse manoeuvre qui lui fait perdre trois doigts de la main droite. Cette même année, il devient grand-père.

      Le 9 novembre 1882, Jean vend la moitié sud-est d'une terre du 7e rang à François Biron, cultivateur de St-Paul (notaire Théophile Côté d'Arthabaska). Jean se réserve l'écorce de pruche de la terre. Il venait d'acheter cette terre en mars 1882. Il la vend pour $154 dont $30 comptant et le reste en plusieurs versements.

      Le 4 juin 1896, Eléonore est atteinte d'une grave maladie de coeur, le médecin lui conseille de faire son testament (notaire Faucher). Ce qu'elle fit, en faveur de son mari. Elle lègue ses biens à Jean, $100 à Napoléon, Albanie: argent, animaux, meubles. Delvina: $25, Rébecca: $25. Jean doit garder Ide. Éléonore décède le 20 novembre 1897. Elle est inhumée le 23. Elle avait 66 ans.

      "Le vingt-trois novembre mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, nous soussigné curé de cette paroisse avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d'Eléonore Boisjoli, épouse de Jean Campagna décédée le vingt courant en cette paroisse à l'âge de soixante et six ans. J.B.H.Bellemarre, ptre curé. "

      Le 19 avril 1898, devant le notaire Faucher, Jean fait donation de ses biens à son fils Trefflé. Trefflé venait de se marier à Eliza Dancause.

      Le 4 mai 1900, Jean achète la terre de son voisin Firmin Gagné avec son moulin à châsse sur le ruisseau. Il paie $800. (notaire Lemieux). Ce n'est qu'en 1912 que le moulin est transformé en scierie avec une turbine en bois et scie ronde. Le progrès était impitoyable pour les reliques du passé. Le deuil le frappa très fort avec la mort de trois fils: Delphis, Philéas, Napoléon et de son frère Jacques.

      En 1907, Jean remporte le concours du Mérite Agricole de la province de Québec, médaille de bronze. On lui reconnaît les 50 ans de service à la grande cause de la colonisation. Il reçoit une note de 79.13%. Il n’y a rien comme le métier de défricheur pour prolonger la vigueur et la force d’endurance de l’homme. Il avait alors 75 ans. Vieux défricheur sur une terre située dans un vallon, arrosée par un ruisseau sur lequel il a bâti un moulin à scie. Sur ses terres il y a des roches abondantes servant de clôtures.

      On lui reconnaît de grandes qualités :
      Piété: Bien que demeurant à 4 1/2 milles de l'église, il avait le banc no 9 et s'y rendait tous les dimanches, à la grand-messe et au chemin de la croix. Chaque soir, c'était le chapelet et la prière en famille. Il portait son chapelet sur lui, car dans se moments libres, il priait. Il avait une foi profonde.
      Sacrifice: Il ne fumait pas durant le Carême ce qui devait être dur pour lui car il était gros fumeur de pipe.
      Charité: Il offrait son obole aux quêteux, des mots d'encouragement, le manger et le coucher. Il allait visiter et aider son frère Jacques, victime de rhumatisme.
      Honnêteté: Il avait bonne réputation et tenait sa parole.

      Jean était bon conteur et raconteur. Il rassemblait les enfants autour de lui et parlait de la chasse-galerie, feux-follets, loups-garous, contes, etc.
      En 1915, il se met en demi-retraite. Vers la fin de 1924, ceux qui vivaient avec Jean Campagna, s’aperçoivent que sa santé déclinait et surtout que les malaises qu’il ressentait à la prostate augmentaient. Ayant constaté la gravité de son état, son médecin veut l’envoyer à l’hôpital d’Arthabaska, ce que Jean refuse. Il voulait mourir chez lui. On lui administre les derniers sacrements. C'est le 6 janvier 1925 que Jean va rejoindre son Créateur. Il a 93 ans et est inhumé au cimetière de Saint-Paul, le 8 janvier. Il est exposé dans sa chambre, transformée en salon funéraire. Les gens sont venus nombreux s’agenouiller près de sa dépouille, pour lui rendre un dernier hommage. Soulignons son grand ami, Grégoire Hinse qui a dit: “ Des hommes comme Jean, il y en a un par cent ans. Il ne faut pas les oublier. ”

      "Le huit janvier mil neuf cent vingt-cinq nous prêtre soussigné, curé de cette paroisse avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Jean Campagna, ancien cultivateur, veuf d'Eléonore Boisjoli, décédé l'avant-veille en cette paroisse à l'âge de quatre-vingt-douze ans et deux mois. Étaient présents à la sépulture, le Frère Dominique s.c., Trefflé Campagna son fils, Elzéar Campagna, Pierre Dancause et un grand nombre de parents et amis. J.O.Mélançon, ptre curé."

      Le jour de l’inhumation, le convoi funèbre mit plus d’une heure pour se rendre au village à cause d’une forte tempête de neige. La maison de Jean fut démolie vers 1932 par Trefflé Campagna, son fils, pour faire place à une nouvelle maison.

      Le 3 juillet 1953, au 7e rang de St-Paul, les petits-enfants de Jean Campagna se réunissaient pour dévoiler une plaque de bronze à sa mémoire.

    • MAISON DE JEAN CAMPAGNA

      Cette maison a été construite vers 1865 par Jean Campagna dans le 7e rang de St-Paul. On y retrouvait deux grands poêles à deux ponts, un dans la grand-maison, l'autre dans la cuisine. Il y avait des marches entre la cuisine et la grand-maison. La grand-maison se voit ajouter une nouvelle pièce en 1900: la cuisine à sa droite. Napoléon avait sa chambre juste au-dessus de la cuisine.

      L'eau de la maison venait du ruisseau à Philéas grâce à des tuyaux de bois. La terre avait été achetée en 1851. Jean Campagna épouse Eléonore Boisjoli en 1853 à St-Norbert d'Arthabaska. Avant cette maison, en 1865, Jean avait construit une campe en bois rond vers 1852 sur le bord du ruisseau. Il y habitait avec son frère Jacques et les deux épouses Boisjoli. Plusieurs Campagna y sont nés: Delphis, Philéas, Napoléon, Nazaire...

      Tous les 14 enfants de Trefflé Campagna et Éliza Dancause sont nés dans cette maison entre 1897 et 1917. On disait que presque chaque année, les sauvages laissaient un enfant sur le perron.

      C’est dans cette maison que sont décédés Éléonore Boisjoli le 23 novembre 1897, Napoléon Campagna, le 12 juin 1919, Jean Campagna, le 8 janvier 1925, et plusieurs bébés décédés en bas âge.

      Dans la maison à Jean, pas de radio, pas de télé, pas d'électricité, pas de téléphone. C'était la lampe à l'huile. Dix-sept personnes à la table, les tantes aidaient au travail et aux repas.

      Jean Campagna y fut exposé en 1925 avant de partir pour le repos éternel à l’église et au cimetière de St-Paul de Chester.
    • LE VIEUX MOULIN À SCIE DE JEAN CAMPAGNA

      Sur les bords du ruisseau Campagna, dans le 7e rang de Saint-Paul de Chester, on pouvait voir le vieux moulin à châsse de Jean Campagna. Ce moulin, unique en son genre, est démoli en 1912, pour faire place à un moulin à scie ronde plus moderne, avec ses 32 dents changeables. Décision prise par son fils Trefflé, car c’était le progrès ! Cette démolition causa grand peine à Jean Campagna qui avait alors 80 ans. Il l’avait fait marcher tant de fois!

      Le 4 mai 1901, Jean Campagna achetait de Firmin Gagné, pour 800 piastres, une petite terre, voisine de celle de Trefflé Campagna, sur laquelle était situé le vieux moulin à châsses et aussi la grange qu’on appelait la “ Grange à Firmin ”. L’acte est passé chez le notaire François-Xavier Lemieux, à Arthabaska et signé par Trefflé Campagna, Firmin Gagné et Jean Campagna y met son X. Le moulin avait deux étages: en bas, les roues, les atappes et la grand-roue à palettes qui actionnait le tout. En haut, l’entrée des billots, le chariot ou le carriage, la déligneuse, le banc de scie pour les croûtes et la petite chambre avec son lit, et un poêle à pont en fonte sur lequel on voyait l’effigie du bonhomme Papineau avec son coq. Jean disait à ses petits-fils que ce Papineau était un grand patriote.

      La grand-roue avait quatre pieds de diamètre et huit de large. L’eau la faisait actionner après avoir lever un grand bras qui ouvrait le passage de l’eau. Une manivelle faisait monter et descendre la châsse dans laquelle était fixée la scie. En face de la scie, on avait le charriot (ou carriage) qui avançait lentement, de un demi-pouce, lorsque la scie descendait. Sur le chariot, était fixé le billot à scier, soit en planches ou en madriers. Les maillets et piques servaient à assujettir le billot. Cela n’allait pas très vite, mais c’était moins fatiguant que jadis, pour les scieurs de long. Jean avait tout organisé pour sauver du temps et beaucoup de fatigue. Pour faire une planche, on comptait huit à dix minutes. On pouvait scier de cinq heures le matin à onze heures du soir sans trop se fatiguer. Il mangeait, fumait sa pipe et faisait la sieste quand le ruisseau ne fournissait pas assez d’eau pour actionner la roue. Les croûtes étaient mises près du botteur qui les coupait en longueur de 18 pouces à deux pieds. Les jeunes cordaient les croûtes à deux sous la corde. Les jeunes fouillaient les rebuts de planche pour se fabriquer un toboggan ou un tape-cul. Dans le petit ruisseau, on pêchait la truite.

      En avant du moulin, il y avait un lac artificiel et un gros tremble qui s’y mirait. Le moulin marchait six mois par année. Il en a construit des maisons et des granges. En 1983, Cyrille Campagna y sciait encore du bois. Son fils Albert continue la besogne, mais aujourd’hui il est actionné par un moteur. Le curé Bourassa de Saint-Paul vient bénir le moulin en 1912 et Éliza fixe sur la grosse poutre, au-dessus de la scie, une médaille de Saint-Benoit et de Saint-Joseph. Si vous passez par là, écoutez le moulin vous parler de nos ancêtres Campagna. Que de souvenirs, ce moulin nous a laissés!
    • LE RANG CAMPAGNA

      Le rang Campagna occupe le coin nord de la paroisse de Saint-Paul de Chester. Il est borné au nord-est par la paroisse de Sainte-Hélène de Chester; au sud-est par le “ petit 6 ”, le “ petit 7 ” et le chemin Craig; au sud-ouest par le 8e rang; au nord-ouest par la paroisse de Saint-Christophe d’Arthabaska.

      Il s’agit d’un rang double (maisons des deux côtés du rang) qui se trouve à 7 km de l’église de Saint-Paul. Originairement, il se nommait le 7e rang de Saint-Paul. En 1981, le conseil municipal de Chester-Ouest a l’heureuse initiative de donner aux rangs des noms de familles. On le désigne comme rang Campagna, à cause de son premier défricheur, Jean Campagna, et aussi parce que plusieurs propriétaires de ses lots sont des Campagna dans les années 1980.

      Vers 1847, une équipe d’arpenteurs du gouvernement vient dans le rang et c’est Jean Campagna de Saint-Christophe d’Arthabaska, qui leur sert de guide. En ce temps-là, la Dominion Sulphur & Copper, compagnie minière, avait tous les droits de mines et possédait les terres dans ces montagnes. On peut encore voir aujourd’hui des puits creusés par la compagnie entre 1800 et 1840.

      Jean Campagna fut parmi les premiers défricheurs du rang. Jean achète une terre au coût de 5 dollars. La compagnie lui remet un reçu qui sert de contrat d’achat de terre. Il ne fallait pas que Jean perde ce petit bout de papier. Jean s’établit dans le rang vers 1850, avec son frère Jacques. Ils se construisent une campe temporaire en bois rond et chacun épousera une fille Boisjoli et en 1870, Jean remet la moitié de sa terre à son frère Jacques (devant le notaire Théophile Côté) et chacun élève sa famille. La maison de Jean est démolie par Trefflé vers 1932 pour faire place à une nouvelle maison qui est incendiée en 1953.

      Le 7e rang commence, en haut au chemin Craig, pour descendre dans la paroisse de St-Paul. Nous appelions le commencement du rang, le haut du sept.

      Vivaient dans le haut du 7: les Labrecque, Johnny Côté (où est né Régina Côté, épouse d’Alfred Campagna), les Moreau, Moïse Fréchette, Philippe Côté (où a vécu l’autre Régina), Auguste Morin, Gédéon Therrien, Ti-Gus Côté, Joseph Genest-Labarre.

      Puis nous arrivons à la route qui conduit au huit et au village. À gauche de la route, Philéas Campagna. Vis-à-vis de la route, il y a la croix de chemin. À droite de la route, on voit la maison à Jacques Campagna.

      Puis nous descendons le sept. On voit la maison de Jean Campagna, les Croteau, les Therrien, les Provencher, les Gagné, Eugène Levasseur , Alexandre Dancause, Xavier Biron, Alphonse Martel, Donat Pépin, le père Lazare Poliquin et sa Philomène, le moulin à vapeur des Poliquin.

      En haut de la côte: Pierre Dancause, Laurent Poliquin, Joseph Poliquin, Médéric Dancause et Marie Boucher, Joseph Boucher. Il ne faut pas oublier les Poisson (surnommé La Chienne à Poisson), Nérée Lapierre, Gérald Côté, Oscar Daigle, les Lambert, Auguste Morin (sa fille Anna), Wilfrid Côté, Paul Demers, les Desharnais, Ludger Croteau, Donat Lafontaine, Lamontagne, Gauvreau, Guimont, Cantin, Tardif... Puis les Lucien Rivard, Jos Hodon, Albert Boilard, Eugène Gagné, Tanguay, les Boucher, les Bergeron, Hector Houle, Pellerin, Sinaï Provencher, Carrier, Binet, Leclerc, Thibault, Simon....

      Vers 1880, s’ouvre la première école du rang. De 1910 à 1955, le rang Campagna comptait deux écoles primaires avec une trentaine d’enfants chacune. Maintenant, les enfants vont à l’école du village.

      Il y a eu dans le rang, trois petites scieries: la première, construite par Jean Campagna vers 1865 sur le lot 176; ce moulin à bardeaux fut remplacé en 1901 par le moulin “ à châsse ” acheté de Firmin Gagné, sur le lot 178; puis reconstruit par Trefflé Campagna, comme moulin à scie ronde en 1912, sur le même emplacement. Vers les années 1915-1925, Joseph Poliquin eut une scierie actionnée par un moteur à vapeur , sur le lot 126.

      La route vers le village de Saint-Paul de Chester est située entre le lot 174 et 175 du rang. Vers 1920, un certain Ti-Flé Houle, forgeron du village, prédit: “ Tout le sept en haut de la route va finir par pleumer, car il n’y a pas suffisamment de terre à cultiver sur le roc. ”

      La prophétie se réalisa presque à la lettre, puisque tous les propriétaires de cette partie du rang ont abandonné ces terrains qui, en général, n’auraient jamais dû être ouverts à l’agriculture. Par ailleurs, ces mêmes terres se prêtent très bien à l’exploitation forestière, comme l’ont prouvé Cyrille Campagna et ses fils.

      Si vous regardez la carte du 7e rang, vous verrez le numéro du lot et le nom de gauche est celui du premier propriétaire d’après le cadastre de 1883, et à droite, le nom du propriétaire en 1985 . Puissent ces derniers continuer avec courage et bonne technique, l’oeuvre entreprise si laborieusement par nos vaillants ancêtres. Plusieurs des maisons et des granges ont disparu.

      Parmi les Campagna qui ont tenu feu et lieu dans le rang Campagna, il faut nommer: Jean, Jacques, Philéas, Georges, Trefflé, Donat, Cyrille, Léandre, Charles, Albert, François, Edouard... Cyrille Campagna y a vécu durant 75 ans. De nos jours, ce sont ses enfants qui possèdent des terres en plantations de pins, d’épinettes, de mélèze... En 1907, Jean Campagna prend part au Concours du Mérite Agricole de la Province Québec. En 1927, son fils Trefflé gagne la médaille d’argent du même concours. On voit encore la maison à Jacques. C’est un fleuron de notre histoire. Ses murs racontent encore le passage de nos ancêtres et de ceux qui leur ont succédé. Elle se laisse mourir petit à petit. Elle est juste en haut de la côte. Elle a quand même gardé son charme d’antan. Le monument à Jacques y repose toujours.